Accordéon, suite
4 décembre 2009
Ça y est, je l’ai !
C’est bien le vieux Scandalli, assez fidèle à l’annonce, un registre de cassé et un tout petit trou dans le soufflet, quand j’aurais 200 pièces à jeter dedans, je m’en occuperais. Pour l’instant, je suis heureux, on va pouvoir jammer avec PO, mon pote québécois avec l’accent horrrrible qui joue et fabrique d’innombrables deedjeridoos, et Edouard mon coloc’ et sa Banjitare. Soit le croisement savant d’un banjo et d’une guitare, son de banjo, 6 cordes et pas 4, disposées comme sur une gratte. Cool.
Sauf que désillusion, premièrement je sais plus rien faire avec un tel biniou, et ensuite vraiment, un piano mais à la verticale, c’est bizarre. Je me retrouve donc paumé et penaud à tenter la moindre grille d’accord avec le dit Doudou. Comme j’ai pris la sage résolution d’effacer au moins pour un temps les 4 ou 5 rares morceaux de mon ancien répertoire tant ressassés en soirées à en fatiguer plus d’un, les fausses notes en plus, je vais me mettre au boulot et apprendre mes gammes, de jazz s’il vous plait, et savoir enfin jouer de la musique. Enfin, j’espère.
Pour se consoler, on a fait une liste de morceaux débiles à reprendre sous peu, déballage à la Prévert, avec des projets sérieux et d’autres pas du tout. Et ça donne ça :
- Wannabe, des Spice Girls. (entre dans la catégorie « morceau débile », merci)
- Toxicity, SOAD, pour faire les ados attardés, en mode super mélodique, et sans batterie. Gros pari.
- Summertime, parce que c’est beau
- Amstrong, pareil
- Les démons de minuit, Emile et Images
- Le poinçonneur des lilas, Gainsbarre.
- Killing in the name of, Rage Against The Machine. Ouais, on va galérer
- Knockin’ on heaven’s door. Un monument du rock au banjo accordéon, why not ?
- Lou Bega, Mambo N°5.
- Balle Populaire, Ministère des Affaires Populaires, rap et accordéon lilois, incontournable.
J’assume tout à fait ces non-choix musicaux.
Accordéon
29 novembre 2009
25 octobre.
Je chine sur d’innombrables sites à la recherche désespérée d’un accordéon. Ici, l’accordéon chromatique à clavier boutons n’existe pas, seulement des touches piano. En gros celui sur lequel j’ai appris n’est fabriqué que de l’autre côté de l’Atlantique et à moins d’avoir 3000$ pour se payer un Cavagnolo de concert, asti faut finir par apprendre le piano. Donc je m’y met, j’ai trouvé un vieux Scandalli pas cher, un peu cassé, avec un vieux soufflet qui en a vu et des touches jaunies par le temps. On dirait des dents de vieux monsieur qui a regardé passer plein de saisons et qui adore raconter des histoires. Le soufflet est rouge satiné et la caisse noire. Il a la classe, et un beau son vibrant, pas toujours très équilibré. Les lanières en cuir sont usées à la corde, mais elle tiennent encore mine de rien.
On va bien s’entendre je crois. Une photo de la bête ci dessous.
Les Tam Tam du Mont Royal : du son, de la sueur et de l’accent
26 novembre 2009
Quand je suis arrivé à Montréal, il y a trois mois de ça, il faisait chaud. Genre un petit 25°C correc pour boire une bière sur son perron à 23h avec ses colocs sans devoir danser pour avoir l’impression d’avoir chaud.
A Montréal, quand il fait chaud, on en profite. Tout le monde. Et il y a deux grandes options musicales outdoor. Les Tam tam du Mont Royal, et les Pic Nic Electroniques. Au choix donc des blacks avec des percus dans tous les sens, et des gens fous qui dansent au milieu d’un parc, ou des DJ’s qui mixent de l’électro de 14 à 22h le dimanche sur l’Ile Jean Drapeau, au pied de L’Homme, une gigantesque et improbable statue de Calder. Les deux options ont la classe. Pas le même public.
D’abord, les Tam Tam. Un dimanche. Tout se déroule au parc Jeanne Mance, au pied du parc du Mont Royal, immense colline boisée plantée en plein milieu de la métropole, où on trouve même des coins cachés où on entend plus les voitures. Donc, les Tam Tam. Sous la pluie battante, tiède, quelques centaines de personnes en train de sauter en tout sens pieds nus et déchainés. Une nana en pull et leggings perdue au milieu, saute en tout sens. Un grand blond disparu sous ses dreadlocks galère à sauver son deedjeridoo de LA goutte. Deux grands blacks – cliché s’il vous plait : ils étaient 1) noirs, 2) grands, 3) beaux comme un David grec, mais en version Malcolm, avec les nattes, les grosses Ray Ban et les dents blanches qui éclatent de bonheur – donc mes grands noirs, hilares devant les tentatives désespérées des autres percussionnistes de sauver leurs instruments, continuent de plus belle à faire danser. Leurs caisses claires se foutent de la pluie, et eux aussi.
Il n’y avait que ça à faire, on a dansé.
