Dramatik. “avec un cas”
27 novembre 2009
Il y a un mois et quelques, je cherchais mon sujet de projet de fin de session de mon cours sur les Médias et les communautés ethniques.
Et je suis tombé, en flânant sur Montréal Multiple, sur ça et j’ai accroché :
ça s’appelle L’oubli, et ça parle de la communauté haïtienne de Montréal Nord, le coin où personne va, que tout le monde oublie, et dont tout le monde se fout. Dramatik rappe depuis maintenant 20 ans, d’abord dans un collectif de rappeurs Montréalais appelé Muzion, et il a sorti son premier album solo, La boite noire, le 10 novembre dernier. Moi, j’adore, ce type est ouf, et je l’écoute en boucle. Il y a de la rage et un poète, et c’est un beau mélange.
Il y a un an, le 9 août 2008, une altercation entre la police et des jeunes dégénère, et Freddy Villanueva, 18 ans, meurt, abattu par un des flics de trois balles en pleine poitrine. Le lendemain, c’est l’émeute.
ça y est, on parle de Montréal Nord.
On parle des haïtiens, il y a du sang, un scandale, des noirs et des vitrines saccagés. ça se vend bien cette affaire, les journaux se moussent, on écrit des pages et des pages sur les gangs de rue et l’échec flagrant du multiculturalisme. Bon. De concert avec les nombreuses protestations sur la violence policière, sur l’exclusion et la marginalisation des communautés ethniques, Dramatik écrit une chanson à la mémoire de Freddy Villanueva, et les manifs se multiplient pour critiquer le profilage racial et la ghettoisation de Montréal Nord.
Un an après, je veux voir ce qui a changé, et ce qui n’a pas bougé. Comme plus personne n’en parle, je vais aller voir, et raconter. Et chercher aussi, pour changer, ce qui est beau là bas, ce qu’on a envie de partager et d’ouvrir au monde.
Donc demain, je vais l’interviewer pour mon projet de fin de session avec les deux autres étudiants de mon groupe. On a plein de matos de son et d’image emprunté à la fac et on a plein de questions. Bientôt notre interview, ici, sur l’Oeil.